Méditerranée et Moyen orient

Méditerranée et Moyen orient

Edito

L’année 2011 a été marquée par les mouvements révolutionnaires et sociaux des "Printemps arabes", qui ont touché successivement la Tunisie et l’Egypte (janvier 2011) puis la Syrie, le Yémen et, dans une moindre mesure, la Jordanie et le Maroc. L’AFD s’est en 2011 fortement mobilisée pour apporter une réponse aux enjeux de développement des pays du sud et de l’est de la Méditerranée, confrontés à une brusque dégradation de leur situation financière et économique, dans un contexte politique profondément renouvelé. Sa contribution à la mise en œuvre du "Partenariat de Deauville", lancée par la France lors du Sommet du G8 de Deauville en mai 2011 en est l’illustration, qu’il s’agisse de la mise en place du Plan d’appui à la relance en Tunisie ou du lancement de nouvelles instructions de projets en Egypte dans le domaine de l’habitat informel et des PME agricoles.

L’année 2011 a été favorable à l’accroissement de l’activité au Maroc, caractérisé par des engagements de l’AFD à hauteur de 541 M€, soit presque 50% de la totalité des autorisations d’engagement du groupe sur la région (1 127 M€). Mais elle a aussi été marquée par l’interruption de nos activités au Yémen et en Syrie.

Enfin, l’année 2011 fut l’occasion :

  1. de consolider nos relations avec l’Union européenne dans le cadre de la Facilité d’Investissement pour le Voisinage (FIV)
  2. de poursuivre la production intellectuelle opérationnelle sur les thèmes du transport urbain et de la gestion de la demande en eau avec le Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée (CMI).


L’année 2012 s’ouvre avec l’adoption d’un nouveau document de stratégie, le Cadre d’Intervention Régional 2012-2014, qui définit trois finalités aux actions du groupe de l’AFD en zone Méditerranée et Moyen-Orient :

  1. créer de la valeur ajoutée et des emplois de qualité
  2. réduire les inégalités sociales et territoriales
  3. augmenter la qualité de vie des populations, notamment par la gestion de la rareté du capital naturel (arbres, sols, eau).
Ce document sera bientôt disponible sur ce site.      
Marie-Pierre Nicollet

À la une

Conférence sur la microfinance islamique, à Djeddah, co-organisée avec la Banque islamique de développement, les 30 avril et 1er juin

11/05/2012

L'AFD et la Banque islamique de développement, ont organisé à Djeddah (Arabie Saoudite), une conférence internationale sur la microfinance islamique, conjointement avec le CGAP (réseau animé par la Banque mondiale sur la microfinance). Rassemblant des acteurs majeurs de la microfinance islamique, cette conférence a permis de dresser un état des lieux des pratiques et produits de ce mode de financement en plein essor.

 

Un mode de financement de l'économie en plein essor

Les travaux de la conférence ont permis de dresser un état des lieux des pratiques, produits et volumes relatifs à ce mode de financement en plein essor, possédant un chiffre d'affaires d'un milliard de dollars avec un taux de croissance annuel de 30%. Ils ont également permis de valoriser les résultats d'une étude copilotée par le CGAP et l'AFD. Cette conférence s'inscrit dans le cadre de l'accord de partenariat signé en janvier dernier entre l'AFD et la Banque islamique de développement (BisD). 

Les échanges, denses et animés, ont mis en lumière les forces et faiblesses de ces outils de plus en plus demandés dans nombre de pays d'intervention de l'Agence et de mieux cerner les besoins des bénéficiaires, des institutions financières et des banques centrales dont le rôle s'avère primordial en matière de cadre réglementaire et de régulation.

 

Une multitude d'expériences innovantes sur le terrain

Plusieurs constats se sont dégagés : l'existence d'une forte demande pour ce type de produits financiers, notamment de la part des plus pauvres ; la prolifération d'expériences innovantes sur le terrain, souvent mal répertoriées ; la nécessité de lancer des exercices d'étalonnage pour constituer des référentiels techniques, financiers et institutionnels.

 

Une plate forme de connaissances sur le web 

Il a été acté que les différents bailleurs et institutions intéressés, dont la BIsD et l'AFD, accompagnent cette dynamique en promouvant la mise en place d'outils d'informations et d'échanges tels qu'une plate forme de connaissances adossée à un site web dédié et la tenue d'une conférence annuelle. Invitation a été lancée pour que la prochaine se tienne à Paris dans les locaux de l'Agence.

En marge de cette conférence, un entretien bilatéral entre le directeur général de l'AFD, M. Zerah, et le Président de la BIsD, M. Ali, et des rencontres entre les services opérationnels respectifs ont permis de préciser les pistes concrètes de mise en œuvre de l'accord, notamment la possibilité d'un échange de personnels et de premières opérations en cofinancement en Méditerranée.

 

Des choix stratégiques compatibles et des géographies communes

La BIsD et l’AFD ont, en effet, de nombreuses géographies d’intervention communes, dans le bassin méditerranéen, en Afrique sub-saharienne ou encore en Asie centrale et du sud-est. Par ailleurs, le choix de secteurs prioritaires de la BIsD tel que les infrastructures (énergie, transports, urbain), l’agriculture, l’éducation et la santé est parfaitement compatible avec les orientations stratégiques de l’Agence.

Plus généralement, ce partenariat permettra à l’Agence d’amorcer une coordination plus poussée avec ce bailleur majeur dans le paysage des bailleurs arabes et islamiques, et de mieux comprendre le cycle du projet de la Banque (assez similaire entre les différents bailleurs du Golfe).

Conférence AFD-EUDN 2012 : "Malaise dans l'évaluation : Quelles leçons tirer de l'experience du Développement" - 26 mars 2012, à Paris

20/03/2012

A l'heure où l’aide est sévèrement critiquée pour son efficacité limitée, les plus grands spécialistes mondiaux s'interrogeront et débattront avec le public sur le rôle de l'évaluation tel qu'il est conçu aujourd'hui, dans le champ de l’aide au développement. Participez à la 9ème édition de la conférence co-organisée avec European Development Network (EUDN).

L'efficacité de l'aide et son évaluation en question

La demande sociale pour l'évaluation des politiques économiques croît partout avec l'exigence chaque jour plus forte de transparence et de redevabilité de la part des décideurs, et souvent un doute persiste quant à l'efficacité de la dépense publique. Ceci est particulièrement vrai dans le domaine du développement à un moment où l’aide est sévèrement critiquée pour son efficacité limitée, et où la rigueur budgétaire chez nombre de pays donateurs rend l’effort encore plus difficile.

La demande sociale pour l'évaluation des politiques économiques croît partout avec l'exigence chaque jour plus forte de transparence et de redevabilité de la part des décideurs, et souvent un doute persiste quant à l'efficacité de la dépense publique. Ceci est particulièrement vrai dans le domaine du développement à un moment où l’aide est sévèrement critiquée pour son efficacité limitée, et où la rigueur budgétaire chez nombre de pays donateurs rend l’effort encore plus difficile.

Quels enseignements pour l'action ?

L'évaluation des politiques publiques n'est pourtant ni une idée ni une pratique nouvelle. La question se pose cependant de savoir si elle est correctement menée, si elle donne effectivement lieu à une accumulation de savoir, qui peut être utilisé ou non, par les décideurs, ou si le contexte dans lequel les politiques sont mises en œuvre change trop rapidement pour que les expériences d'hier puissent permettre de tirer des enseignements pour demain.

La conférence se tiendra au Centre de Conférences Pierre Mendès-France du Ministère de l’Economie, des finances et de l’industrie, à Paris.

Valorisation du patrimoine et développement urbain à Tyr et Tripoli

19/03/2012

Signature d'un prêt de l'AFD pour le Conseil de développement et de reconstruction libanais afin de financer la deuxième phase du programme de valorisation du patrimoine et de développement urbain à Tyr et Tripoli. La revitalisation économique des centres historiques est aussi l'opportunité de mettre en valeur un patrimoine historique commun, vecteur de cohésion sociale.

Le Conseil de développement et de reconstruction et l’AFD ont signé le 15 décembre 2011 une convention de financement portant sur un prêt concessionnel de 21 M €, avec la participation de l’ambassadeur de France, Denis Pietton. Ce prêt vise à financer la deuxième phase du programme de valorisation du patrimoine et de développement urbain à Tyr et Tripoli.

Tourisme et cohésion sociale

L’AFD  a contribué par l’octroi d’un prêt concessionnel de 12 M € à la première phase du programme, co-financé avec la Banque mondiale et la coopération italienne, couvrant cinq villes historiques du Liban. Le financement de l’Agence a concerné les villes de Tyr et de Tripoli, en raison de la prédominance des enjeux sociaux.

La citadelle de Tripoli.  

A Tyr
La première phase du programme avait concerné l’aménagement du port de pêche.

La seconde phase permettra de réhabiliter les souks, d’étendre la promenade côtière qui relie le port de pêche au port archéologique, et de restaurer un caravansérail qui deviendra un centre artisanal ainsi qu’une ancienne tour d’observation, qui hébergera l’office du tourisme.

 

Un exemple d'aménagement d'espace public : les quatre étapes de la plateforme de Tripoli  
(photos M. Mihoub Mezouaghi, AFD)

A Tripoli
La première phase du programme était principalement destinée à l’aménagement de la Citadelle Saint-Gilles, monument structurant le cœur historique, ainsi qu’à la construction d’une plateforme sur le fleuve Abou Ali, qui a permis de redonner une unité au centre ville. La seconde phase permettra de réhabiliter les souks, d’harmoniser les façades des bâtiments qui longent le fleuve, et de restaurer deux caravansérails, un hammam historique et des habitations traditionnelles, notamment celles situées au pied de la Citadelle. Par ailleurs, les conditions de mobilité dans le centre ville seront également améliorées, notamment par la construction de zones piétonnes et l’aménagement des espaces publics. 

 

Impacts attendus
Le principal effet attendu de ce programme, déjà perceptible, est la revitalisation des centres historiques, tant d’un point de vue économique, par le développement du tourisme, que sur le plan social, par la mise en valeur d’un patrimoine historique commun, vecteur de cohésion. Il est, pour cette raison, fortement soutenu par les élus locaux et par les populations concernées.
 

La plateforme de Tripoli achevée

Développement d’un réseau africain de télécommunications à large bande dans 29 pays

16/02/2012

Le 2 février dernier a été signée une convention de financement de 1,35 M€ en faveur du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD). Cette subvention financera les études complémentaires ayant pour objectif d’étendre aux 29 pays du nord, de l’ouest et du centre du continent un concept de réseau virtuel de transmission large bande, déjà en cours de mise en œuvre en Afrique orientale et australe.

Lors de la signature, Ibrahim Mayaki, directeur exécutif de l’Agence de coordination et de planification du NEPAD (NPCA) et ancien premier ministre du Niger, et Yves Boudot, directeur du département Afrique Sub-Saharienne de l’AFD, ont pu aborder, outre le développement des TIC sur le continent africain, les avancées du Programme pour le Développement des Infrastructures en Afrique (PIDA), initiative portée par la Commission de l’Union Africaine, le NEPAD et la Banque Africaine de Développement.

Un soutien de longue date de l’AFD aux initiatives Nouvelles technologies de l'Information du NEPAD

Depuis 2003, l’AFD soutient les actions du NEPAD dans le secteur des télécommunications (programme e-Afrique) à travers une subvention dédiée et le fonds commun AFD-DBSA d’études et de préparation de projet. Ces fonds ont permis de co-financer des prestations préparatoires aux opérations TIC du NEPAD et la mise à disposition d’un assistant technique résidentiel (en poste depuis juillet 2009) pour appuyer le projet de réseau virtuel de transmission large bande UMOJANET ( "umoja" signifiant l’union, en swahili).

Ce nouveau financement, sur délégation du  Fonds européen pour les infrastructures (EU-ITF), fait suite à une subvention AFD de 850 000€ (octroyée en 2006) visant à soutenir l’initiative du NEPAD de développement d’un réseau virtuel de transmission large bande à l’échelle du continent.

Umojanet prolonge Uhurunet

La subvention octroyée permettra de financer le programme d’études induit par les travaux de l’assistant technique pour compléter la mise au point du concept et du réseau UMOJANET en vue de l’étendre aux 29 pays du nord, de l’ouest et du centre du continent. Complétant ainsi la couverture du continent et le projet UHURUNET pour l’Afrique australe.

Ce projet vise à proposer aux opérateurs africains un maillage pan-africain de canaux de transmission sur fibres optiques dont l’offre d’interconnexion, qui doit en résulter répondr à des critères d’exhaustivité, de qualitée garantie, d’accès ouvert, de non discrimination et de moindre prix. Les appels d’offre doivent être publiés en février 2012.

La démarche de l’AFD en appui des actions du NEPAD procède d'une réflexion en faveur de l’intégration régionale via la construction de grandes artères de communications, en complément du secteur privé. Cette stratégie rejoint celles adoptées par d’autres bailleurs de fonds (Banque mondiale, BAD, BEI, KFW, DBSA,…). Elle a précédemment conduit l’AFD à co-financer en 2007, aux côtés d’autres bailleurs, le câble sous-marin est-africain EASSy pour un montant de 9,5 MUSD.

La signature de ce financement additionnel pour la mise en œuvre du projet UMOJANET devra permettre à la NPCA de présenter sous 12 mois un véritable plan de mise en œuvre du réseau large bande par fibre optique en Afrique de l’Ouest, du Centre et du Nord, qui complétera la couverture du continent et le projet UHURUNET pour l’Afrique australe.

100 millions d'euros pour soutenir l’économie tunisienne

07/02/2012

L’AFD vient de décaisser la seconde et dernière tranche de 100 M€ du concours de 185 M€ accordé en 2011 pour soutenir le plan d’aide à la relance économique de la Tunisie. Ce concours s’inscrit dans une aide qui vise à protéger l’économie tunisienne des risques d’une forte récession et de destruction massive d’emplois.

Le plan d’aide à la relance économique couvre quatre piliers de réformes :

►Des mesures pour améliorer la gouvernance par une meilleure transparence de la commande publique et un accès plus facile à l’information.

►Des mesures immédiates pour l’emploi et le développement régional comme le transfert de la gestion du fonds national de l’emploi au Ministère de la Formation Professionnelle et de l’Emploi, la conception et la mise en place du programme AMAL pour un accompagnement à la recherche active d’emploi.

►Des mesures pour stimuler le secteur financier afin d’améliorer le climat des affaires en Tunisie notamment en renforçant la stabilité du secteur (gouvernance des banques privées) ou encore en diversifiant les modalités de financement de l’économie (appui à la micro finance et la dynamisation de l’industrie du capital investissement).

►Des mesures pour soutenir les secteurs sociaux pour une meilleure couverture géographique de notamment en améliorant l’efficacité des services de santé et el contrôle par les usagers.

Enfin, l’AFD a proposé d’accélérer la mise en œuvre des projets en cours, ce qui permettrait d’apporter des fonds supplémentaires à la Tunisie, dans des secteurs aussi importants que la formation professionnelle jusqu’au niveau ingénieur, le financement des entreprises, la microfinance, les grandes infrastructures et l’amélioration de la qualité de la vie des Tunisiens.

Ces mesures viennent soutenir de nouveaux projets prônant un rééquilibrage régional et social du pays, notamment dans la distribution en eau potable. Il est également prévu d'adapter les projets en cours à ces nouvelles priorités.
 

De 2011 à 2013, le soutien de la France à la transition tunisienne et à la relance économique du pays va s’élever à 425 millions d'euros.


Les décaissements effectués en deux tranches (85 millions d’euros en juillet 2011 et 100 millions en février 2012) sont « à double dividende », dans la mesure où, d’une part, ils apportent de la trésorerie au budget de l’Etat - pour le ministère des finances -, et où, d’autre part, ils viennent renforcer les réserves de devises de la Banque centrale.

Ce soutien financier est complété par une coopération technique active dans plusieurs domaines clés de la transition en cours en Tunisie.

C’est ainsi que l’AFD, aux côtés de plusieurs autres bailleurs de fonds (dont l’Union européenne, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement) appuie d’importantes réformes pour moderniser les outils du ministère de l’Emploi et pour faire évoluer le cadre réglementaire de la microfinance et du capital investissement. Cette modernisation doit permettre d'améliorer l'emploi en développant la formation des jeunes et en les incitant à créer des entreprises.

Subvention à l'ONG Etudiants et Développement pour sensibiliser les jeunes à la solidarité internationale (Le comité ONG du 27 septembre 2011)

27/09/2011

Le Comité ONG, délégation du Conseil d’Administration de l’AFD pour l’appui aux initiatives des ONG, s’est réuni le 27 septembre 2011. Il a approuvé l’attribution d'une subvention de 175 000 € à l'ONG Etudiants et développement.

cette subvention va servir au financement d’un projet d’éducation au développement. L’objectif du projet est de susciter, accompagner et valoriser l’engagement étudiant dans la solidarité internationale. Il vise, notamment, à permettre aux associations étudiantes (1300 structures concernées, 6000 contacts) un accès à une information structurée et de qualité afin qu’elles puissent développer des actions de sensibilisation de qualité en termes de solidarité internationale (outils et bonnes pratiques). Le projet développe également des actions d’accompagnement des jeunes porteurs de projets (cycles de formations, apports d’outils, espaces d’échanges, mise en relations des associations du Nord et du Sud, suivi des projets, outils méthodologiques) visant à améliorer l’impact et la qualité de leurs initiatives en faveur du développement. Le projet se déroulera en France (40 villes universitaires), en Afrique Sub-saharienne, au Maghreb, à Madagascar et en Amérique Latine.

 
 
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